elections 1

Pourquoi le prochain gouvernement doit faire du bioalimentaire une priorité collective, au-delà des lignes partisanes. 

À quelques semaines de l’élection générale du 5 octobre, un constat mérite d’être souligné : plusieurs formations politiques ont choisi de présenter des personnes qui possèdent une expérience concrète ou une expertise significative dans le secteur agricole, agroalimentaire ou alimentaire. 

Pour Agro Québec, cette présence est une excellente nouvelle. Non pas parce que ces candidats et candidates partagent nécessairement les mêmes idées ou les mêmes orientations politiques. Bien au contraire. Parce que le Québec a besoin que le bioalimentaire dépasse les lignes partisanes. 

Notre agriculture et notre industrie agroalimentaire constituent un écosystème essentiel à notre économie, à nos régions, à notre occupation du territoire, à notre environnement et à notre capacité collective à assurer notre sécurité et notre autonomie alimentaires. Il est donc encourageant de constater que plusieurs personnes issues de cet univers choisissent aujourd’hui de mettre leur expérience au service de la politique. 

 

Des expertises qui traversent les partis 

À la Coalition avenir Québec, deux candidatures illustrent particulièrement bien cette diversité d’expertise. 

Donald Martel, candidat dans Nicolet-Bécancour, a occupé pendant un an le poste de ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Il connaît donc les rouages du MAPAQ, ses dossiers et plusieurs des enjeux auxquels sont confrontés les producteurs et les entreprises du secteur. 

Jean Lacroix, candidat dans Sanguinet, apporte pour sa part une expertise différente, mais tout aussi pertinente. Il a dirigé pendant plus de cinq ans Cintech agroalimentaire, un acteur important de l’innovation, de la recherche et du transfert technologique au sein de l’industrie agroalimentaire québécoise. 

Deux parcours différents, mais une même réalité : la politique bioalimentaire gagne à être alimentée par des gens qui connaissent le terrain. 

Du côté du Parti Québécois, Aisha Issa, candidate dans Maurice-Richard, présente également un parcours remarquable. Elle cumule plus de 25 ans d’expérience dans le secteur agroalimentaire et a notamment été directrice générale de l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ), en plus d’avoir œuvré à l’Union des producteurs agricoles. Son parcours l’a également menée à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), notamment comme chercheuse invitée. 

L’ITAQ et l’ITHQ sont deux institutions emblématiques de la formation des talents dont dépend notre système alimentaire. La présence d’une personne ayant dirigé l’une de ces institutions et ayant également travaillé au sein du milieu agricole constitue une expertise particulièrement intéressante dans le débat public. 

Au Parti libéral du Québec, Patrice Léger-Bourgoin, candidat dans Saint-Jean, possède, lui aussi, une connaissance directe du secteur. Ancien directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec et responsable de la Place des producteurs, il connaît les réalités de la production maraîchère, de la mise en marché, de la distribution et des chaînes d’approvisionnement. 

Du côté du Parti conservateur du Québec, Frédéric Poulin, candidat dans Côte-du-Sud, est producteur laitier et entrepreneur agricole. Son expérience de terrain, jumelée à son rôle de porte-parole du PCQ en agriculture, pêcheries et alimentation, lui permet d’aborder les enjeux du secteur à partir d’une réalité concrète. 

Et cette liste n’est pas exhaustive. 

D’autres candidatures présentent également des liens significatifs avec la production agricole, l’agroalimentaire, l’alimentation, l’agrotourisme, la distribution ou le développement des territoires. 

 

Une présence qui doit dépasser les élections 

Cette diversité de parcours est importante. Mais elle ne doit pas simplement servir à enrichir une campagne électorale. Elle doit servir à construire l’avenir. 

Le Québec ne peut plus considérer séparément la production agricole, la transformation alimentaire, la distribution, la restauration, la recherche, l’innovation, la formation, l’énergie, l’environnement et la consommation. Ces réalités sont intimement liées. 

Le producteur fait face à la hausse de ses coûts de production. Le transformateur doit composer avec la concurrence et les coûts de fonctionnement. Le distributeur cherche à sécuriser ses approvisionnements. Le restaurateur doit demeurer compétitif. Le consommateur souhaite une alimentation accessible et de qualité. Ils font pourtant tous partie du même système. 

C’est pourquoi Agro Québec croit qu’une véritable politique bioalimentaire québécoise devrait être construite autour d’une vision collective, cohérente et durable, plutôt qu’autour de mesures ponctuelles qui changent au gré des gouvernements. 

Cette vision devrait notamment permettre de mieux soutenir l’investissement et l’innovation, d’accroître la productivité, de favoriser la transformation au Québec, de renforcer nos chaînes d’approvisionnement, de soutenir la relève et de créer les conditions permettant à nos entreprises de demeurer compétitives. Et surtout, elle devrait placer la sécurité et l’autonomie alimentaires parmi les objectifs stratégiques du Québec. 

 

Une responsabilité qui appartient à tous 

Il ne s’agit pas de demander aux partis de penser de la même façon. Il s’agit de leur demander de reconnaître que certains enjeux dépassent les appartenances politiques. L’agriculture et l’agroalimentaire en font partie. 

La présence de candidats et de candidates provenant de différents horizons politiques et possédant une connaissance réelle du secteur constitue donc une occasion à saisir. 

 

Après le 5 octobre, ces personnes devront continuer à se parler. 

Qu’elles soient au gouvernement ou dans l’opposition. Qu’elles représentent un parti ou un autre. Qu’elles soient productrices, gestionnaires, chercheuses, entrepreneurs, professionnelles ou anciennes dirigeantes d’organisations du secteur. Le Québec aura besoin de leur expérience. Mais il aura surtout besoin de leur capacité à travailler ensemble. 

 

Le 5 octobre, un nouveau gouvernement. Le 6 octobre, du travail. 

Le 5 octobre prochain, les Québécoises et les Québécois choisiront un nouveau gouvernement. Le lendemain, les réalités du secteur bioalimentaire seront toujours là. 

Les producteurs devront produire. Les transformateurs devront investir. Les entreprises devront composer avec leurs coûts, leur main-d’œuvre, leur énergie et leurs marchés. Les consommateurs devront continuer à se nourrir. Et le Québec devra poursuivre ses efforts pour renforcer sa capacité à produire davantage de ce qu’il consomme. 

 

Le travail commencera donc le 6 octobre. 

Agro Québec souhaite que le prochain gouvernement fasse du bioalimentaire une priorité dès ses premiers jours et qu’il tende la main à l’ensemble des acteurs de la filière. Parce que notre système alimentaire mérite mieux qu’une succession de décisions isolées. Il mérite une vision. 

Une vision qui rassemble la production, la transformation, la distribution, la restauration, la recherche, l’innovation et la consommation. Une vision qui transcende les partis. 

 

Une vision québécoise du bioalimentaire. 

Le 5 octobre, les Québécoises et les Québécois choisiront un gouvernement. 

Le 6 octobre, il faudra se mettre au travail. 

Partager

Copier le lien
URL has been copied successfully!
LinkedIn
Share

Temps de lecture

14 minutes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire