
Le Québec possède les atouts pour devenir un acteur incontournable de l’agroalimentaire durable. Encore faut-il qu’il se donne les moyens de ses ambitions sur la scène internationale.
La récente édition du SIAL Paris 2026, l’un des grands rendez-vous mondiaux de l’industrie agroalimentaire, a une fois de plus mis en lumière le potentiel des entreprises québécoises à l’international. Innovation, qualité des produits, expertise et savoir-faire : le Québec a de solides arguments à faire valoir. Mais pour transformer ces atouts en occasions d’affaires concrètes, encore faut-il que notre présence institutionnelle et diplomatique soit à la hauteur des enjeux.
Il faut d’ailleurs saluer les efforts du Groupe Export agroalimentaire, qui accompagne les entreprises québécoises dans leurs démarches de développement des marchés et contribue activement au rayonnement de notre industrie. Ce travail essentiel pourrait toutefois être considérablement renforcé par une diplomatie économique plus présente, proactive et étroitement arrimée aux besoins des entreprises sur le terrain.
Après une quatrième participation au SIAL Paris, un constat demeure préoccupant : la présence du Québec auprès de ses entreprises lors de ce rendez-vous international reste insuffisante. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de repositionnement des échanges commerciaux, l’Europe, particulièrement la France, représente pourtant un marché stratégique.
Nos entreprises ne peuvent porter seules l’ambition internationale de toute une industrie. Elles ont besoin de réseaux solides, de partenariats institutionnels et d’une représentation capable de faciliter les rapprochements, de défendre nos intérêts et de faire valoir notre expertise.
La diplomatie économique doit devenir un véritable levier de développement pour notre secteur agroalimentaire. Cela exige de mieux mobiliser nos représentations à l’étranger, de soutenir les organisations qui travaillent déjà sur le terrain et d’assurer une présence québécoise visible lors des grands événements internationaux.
La souveraineté alimentaire ne se construit pas uniquement sur notre territoire. Elle se renforce aussi par notre capacité à exporter, à diversifier nos marchés, à attirer des investissements et à nouer des partenariats stratégiques.
Si le Québec veut être reconnu comme un acteur incontournable de l’agroalimentaire durable, il doit être présent là où les occasions se créent et où les décisions se prennent.
L’expertise et les efforts de nos entreprises et de nos organisations doivent pouvoir compter sur une diplomatie à la hauteur de leurs ambitions.