Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate
Québec, le 6 mars 2026 — À l’occasion de la course au leadership de la Coalition Avenir Québec, le regroupement d’associations au cœur de la filière agroalimentaire Québécoise, interpelle publiquement Mme Christine Fréchette et M. Bernard Drainville afin qu’ils prennent position sans ambiguïté sur la réforme du régime de collecte sélective.
L’enjeu financier est désormais trop important pour être ignoré.
La réforme reposait sur des hypothèses budgétaires manifestement erronées puisque l’étude d’impact réglementaire gouvernementale parlait de hausses allant jusqu’à 23,6M $ entre 2025 et 2030. Le gouvernement anticipait des hausses progressives et maîtrisées ; la réalité démontre un dérapage massif. L’implantation accélérée d’un modèle centralisé et rigide, sans mécanismes d’ajustement, a créé un système économiquement insoutenable.
Depuis l’entrée en vigueur du nouveau régime, les coûts assumés par les entreprises sont passés de 248 M$ en 2023 à 483 M$ en 2026 — auxquels s’ajoutent 327 M$ liés à l’ancien régime pour un total de 810M$. Pour certaines entreprises, les factures ont explosé jusqu’à 350 % en une seule année.
Il ne s’agit pas d’un ajustement mineur. Il s’agit d’un choc financier majeur.
« Nous atteignons un point de rupture. Plusieurs entreprises absorbent actuellement des hausses qu’elles n’ont tout simplement pas la capacité de financer. Ce programme, dans sa forme actuelle, met en péril la compétitivité de notre secteur et menace directement des emplois en région », affirme Sylvie Cloutier, PDG du Conseil de la transformation alimentaire du Québec.
Les entreprises alimentaires ne contestent pas les objectifs environnementaux. Elles contestent un modèle qui dépasse leur capacité de payer et qui, ultimement, alimentera l’inflation alimentaire.
Chaque dollar supplémentaire imposé aux transformateurs, producteurs et détaillants se retrouve dans le panier d’épicerie.
Le prochain chef de la CAQ deviendra premier ministre du Québec dans un contexte économique fragile. La question est simple :
Reconnaît-il ou reconnaît-elle que la réforme actuelle doit être corrigée rapidement?
Le secteur demande :
- Une révision immédiate du cadre réglementaire;
- Un plafonnement des coûts nets assumés par les entreprises;
- Des mesures transitoires urgentes;
- L’adoption de correctifs structurants d’ici la fin du printemps 2026 au plus tard.
« Le statu quo est irresponsable. Chaque mois d’inaction fragilise davantage nos entreprises et accroît la pression sur les consommateurs. Nous attendons des engagements clairs et concrets », ajoute Mme Cloutier.
Le regroupement d’associations au coeur de la filière agroalimentaire Québécoise demande aux deux candidats de préciser publiquement leurs intentions dans les plus brefs délais.
Citations
« Lorsque les obligations sont imposées trop rapidement, que les coûts d’implantation sont largement sous-estimés et qu’on ne se pose aucune question sur les capacités opérationnelles des entreprises ni sur le contexte dans lequel elles évoluent, on se retrouve avec des hausses brutales et imprévisibles. Les meilleures ambitions ne valent que si les politiques qui les portent sont réalistes et applicables » – Michel Rochette, président – Québec du CCCD.
« Les PME maraîchères québécoises sont étranglées par les coûts de la conformité réglementaire qui heurtent leur capacité à demeurer concurrentielles. Ils en appellent au bon sens pour mettre un frein à cette spirale des coûts du système de collecte sélective qui est hors de contrôle » déclare Patrice Léger Bourgoin, directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec.
« Il est impératif que la modernisation du système de la collecte sélective s’effectue dans le respect de la capacité de payer des entreprises qui financent ce système et un échéancier réaliste de mis en œuvre. Le règlement actuel ne respecte pas ces critères fondamentaux et met à risque la réussite de cette modernisation. » – Charles Langlois, PDG, du Conseil des industriels laitiers du Québec.
« Le nouveau régime de collecte sélective ne tient aucunement compte des contraintes économiques propres aux entreprises agricoles et agroalimentaires. Il leur impose des charges financières et administratives additionnelles, venant alourdir un environnement réglementaire déjà particulièrement exigeant. Dans plusieurs cas, ces coûts ne peuvent pas être transférés aux consommateurs; ils doivent donc être assumés par les producteurs, ce qui exerce une pression supplémentaire sur la rentabilité des entreprises agricoles. » – Martin Caron, président général de l’Union des producteurs agricoles.
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Sources :
Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ)
Conseil Canadien du commerce de détail (CCCD)
Union des producteurs agricoles (UPA)
Association des producteurs Maraichers du Québec (APMQ)
Conseil des industriels laitiers du Québec (CILQ)
Association québécoise de la distribution de fruits et légumes (AQDFL)
Union québécoise des microdistilleries (UQMD)
Groupe des chaînes de restaurants du Québec
Pour tout renseignement : Annick Van Campenhout | 514-295-4541 | annickvancamapenhout@conseiltaq.com
