
Une photo peut parfois en dire beaucoup plus long qu’un discours. Celle réunissant le ministre de l’Agriculture, Donald Martel, et le député de Matane-Matapédia-Mitis, Pascal Bérubé, lors d’une visite au Groupe ADEL / Viandes de l’Est, afin d’y rencontrer le Président du Groupe et son équipe, en est un bel exemple.
À première vue, la scène pourrait sembler toute simple : deux politiciens de formations différentes qui visitent une entreprise régionale. Mais à quelques mois d’une campagne électorale, le symbole mérite qu’on s’y attarde.
Parce qu’au-delà des lignes partisanes, des débats politiques et des échéances électorales, il existe des enjeux qui devraient nous rassembler. L’autonomie alimentaire du Québec en fait certainement partie.
Et le Groupe ADEL en est une illustration particulièrement éloquente.
Situé à Sainte-Luce, l’entreprise, issue de l’ancien Abattoir de Luceville, joue un rôle qui dépasse largement sa fonction d’abattage et de transformation. Elle constitue une infrastructure régionale essentielle pour les producteurs et les éleveurs de l’Est-du-Québec. L’entreprise offre notamment des services d’abattage pour plusieurs espèces et travaille avec des producteurs du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.
Le gouvernement du Québec l’a d’ailleurs reconnu clairement en février dernier en accordant une aide financière de 870 166 $ afin de soutenir la modernisation de ses installations et sa mise à niveau en vue d’obtenir une certification fédérale. Le message était sans équivoque : maintenir une capacité d’abattage en région, c’est sécuriser un maillon essentiel de notre chaîne alimentaire et contribuer directement à notre autonomie alimentaire.
Mais cette visite nous rappelle surtout une chose : l’autonomie alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit.
Elle se construit avec des producteurs. Avec des transformateurs. Avec des entrepreneurs. Avec des travailleurs. Avec des infrastructures régionales capables de garder la valeur ajoutée chez nous.
Elle se construit aussi avec des politiques publiques cohérentes et prévisibles qui permettent à ces entreprises d’investir, de se moderniser et de prendre leur place dans une véritable stratégie québécoise de souveraineté alimentaire.
C’est précisément pourquoi cette photo entre Donald Martel et Pascal Bérubé est intéressante.
À l’aube d’une campagne électorale qui s’amorce, alors que les partis chercheront naturellement à se distinguer et à présenter leurs visions respectives du Québec, il est encourageant de voir que certains enjeux peuvent encore dépasser la partisanerie.
Parce que lorsqu’il est question de nourrir le Québec, de soutenir nos éleveurs, de maintenir des infrastructures de transformation en région et de réduire notre dépendance envers des chaînes d’approvisionnement éloignées, nous devrions tous parler le même langage.
Il ne s’agit pas de savoir qui pourra s’attribuer le mérite d’une annonce ou d’une initiative. Il s’agit plutôt de déterminer comment nous pouvons collectivement aller plus loin.
Le Groupe ADEL nous rappelle que l’autonomie alimentaire se joue aussi dans nos régions. Qu’elle passe par des installations concrètes. Par des entreprises bien enracinées. Par des investissements structurants. Et surtout, par une volonté politique de considérer notre secteur bioalimentaire comme une infrastructure stratégique du Québec.
Alors que s’amorce une nouvelle période politique, souhaitons que cette image soit davantage qu’une belle photo de circonstance.
Souhaitons-y voir le signe qu’au-delà de nos allégeances, il existe encore des ambitions québécoises qui méritent d’être portées ensemble.
Et parmi celles-ci, celle de pouvoir nourrir davantage le Québec avec ce que nous produisons, transformons et créons ici.
L’autonomie alimentaire n’appartient à aucun parti. Elle appartient à tous les Québécois.
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