Reseaux sociaux vertical 6 1

Le 20 juillet 2026, Washington a confirmé des tarifs de 50 % sur près de 20 milliards de dollars de produits canadiens, dont nos produits laitiers, dès le 19 août. Pour notre secteur, les catégories les plus directement touchées sont les produits laitiers, la bière, le vin et les spiritueux, le miel et certaines préparations de boulangerie. Washington justifie sa décision en qualifiant de « discriminatoires » notre gestion de l’offre et nos pratiques laitières. Autrement dit, c’est le cœur même de l’agroalimentaire québécois qui est visé.

Soyons clairs, un tarif de 50 % n’est pas un simple ajustement commercial. Il équivaut, dans les faits, à une perte d’accès au marché américain pour les produits visés. Et la conformité à l’ACEUM n’offre, pour l’instant, aucune protection contre ces mesures. Dans un secteur où les marges sont déjà minces, bien peu de transformateurs pourront absorber un choc de cette ampleur. Les fromageries, laiteries et exportateurs qui ont mis des années à bâtir des relations au sud de la frontière risquent de voir leurs commandes reculer rapidement. Et derrière chaque contrat perdu, il y a des fermes familiales, des emplois en région et des chaînes d’approvisionnement intégrées depuis des décennies.

On nous dira que ces tarifs ne touchent « que » 5 % des biens que les États-Unis importent du Canada. C’est oublier que ce 5 % est concentré précisément là où le Québec est fort : le lait, les boissons, la transformation alimentaire. C’est aussi oublier les effets indirects : l’incertitude qui freine les investissements, les acheteurs américains qui cherchent déjà des fournisseurs de remplacement, la pression sur les prix qui remonte jusqu’au producteur.

Quoi faire? D’abord, éviter les décisions précipitées et ne pas concéder la gestion de l’offre en échange d’une entente rapide. Ce système a protégé nos régions agricoles lors des différends commerciaux passés. Il ne doit pas devenir une concession dans cette négociation. Ensuite, exiger d’Ottawa et de Québec un soutien immédiat et ciblé : liquidités pour les transformateurs exposés, accompagnement à la diversification des marchés (l’Europe, l’Asie-Pacifique et le marché intérieur ne demandent qu’à acheter québécois). Enfin, accélérer ce que nous aurions dû faire depuis longtemps : réduire notre dépendance à un seul client, aussi gros soit-il.

On ne sait pas combien de temps ces tarifs resteront en place. Ce qui comptera, peu importe leur durée, c’est notre capacité collective à transformer cette crise en virage stratégique. L’agroalimentaire québécois a les produits, le savoir-faire et la résilience. Il est temps que nos politiques commerciales soient à la hauteur de nos producteurs et transformateurs.

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