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Les changements climatiques ne sont plus seulement une question environnementale. Ils deviennent un enjeu stratégique de gestion des risques, de résilience et de compétitivité pour les entreprises du secteur bioalimentaire.

Les transformateurs alimentaires québécois évoluent dans un contexte de plus en plus complexe. Hausse des coûts de production, volatilité des marchés, difficultés d’approvisionnement, pression sur les marges et attentes croissantes des consommateurs ne sont que quelques-uns des défis auxquels ils doivent faire face.

À cela s’ajoute désormais une réalité incontournable, les changements climatiques.

Pour mieux comprendre comment les entreprises perçoivent ces enjeux, Inno-centre a mandaté Léger afin de réaliser un sondage auprès de 163 transformateurs alimentaires québécois. Les résultats révèlent une évolution importante des perceptions, mais également que certains défis persistent lorsqu’il est question de passer à l’action.

 

1. Les changements climatiques ne sont plus seulement un enjeu environnemental

Pendant longtemps, les discussions sur les GES ont été associées à la conformité, à l’environnement ou à la réputation.  Désormais, les changements climatiques représentent un véritable risque d’affaires et les transformateurs alimentaires québécois le savent.

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Plus encore, la proportion de répondants qui jugent cet enjeu « très important » est passée de 37 % à 48 % entre 2025 et 2026. Cette progression démontre que la sensibilisation continue de croître au sein du secteur.

Fait intéressant, lors des entrevues individuelles réalisées dans le cadre de l’étude les entreprises mentionnent rarement spontanément les changements climatiques parmi leurs priorités immédiates.

Pourtant, plusieurs des enjeux que les entreprises identifient comme prioritaires sont directement influencés par les changements climatiques. La hausse des coûts, la volatilité des approvisionnements, les perturbations logistiques ou encore la disponibilité des matières premières sont autant de manifestations concrètes de risques climatiques déjà présents dans leur environnement d’affaires.

Autrement dit, les risques climatiques sont souvent déjà présents dans les préoccupations d’affaires des dirigeants, même lorsqu’ils ne sont pas identifiés comme tels.

 

2. Les risques climatiques touchent déjà les opérations

Les changements climatiques ne sont plus une menace future abstraite. Selon les résultats du sondage, leurs conséquences sont déjà perceptibles dans les entreprises :

BLOGUE Faits saillants 6 1Risque d’approvisionnement

Les entreprises observent une fluctuation de la disponibilité des matières premières agricoles, une variation de leur qualité ainsi qu’une augmentation des prix. Ces phénomènes peuvent fragiliser la planification et réduire la prévisibilité des opérations.

BLOGUE Faits saillants 7Risque opérationnel

L’augmentation des coûts de production, les pannes de courant liées aux événements météorologiques et les dommages aux infrastructures figurent parmi les impacts les plus fréquemment mentionnés.

BLOGUE Faits saillants 8Risque logistique

Les conditions météorologiques extrêmes perturbent de plus en plus le transport et les livraisons, créant des retards et des défis supplémentaires pour les chaînes d’approvisionnement.

BLOGUE Faits saillants 9Risque financier

Les entreprises doivent également composer avec une hausse des dépenses en capital, une augmentation des coûts d’assurance et des marges déjà sous pression dans un contexte économique exigeant.

Les verbatims des entrevues illustrent cette réalité de façon frappante, par exemple l’approvisionnement en cacao perturbé par des changements climatiques, les événements météo de plus en plus violents ou encore les semaines de travail organisées autour des aléas climatiques.

Dans plusieurs cas, le risque climatique ne se manifeste pas directement à l’usine, mais plutôt à travers la chaîne d’approvisionnement. Une sécheresse, une inondation ou une baisse de rendement agricole peuvent rapidement entraîner des ruptures d’approvisionnement, une hausse des coûts ou des délais de livraison.

 

3. Le principal frein n’est pas le manque de volonté, mais le contexte économique

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Contrairement à certaines perceptions, les entreprises ne manquent pas nécessairement de volonté lorsqu’il est question d’agir face aux changements climatiques. Le principal obstacle demeure économique. Le sondage révèle que :

  • L’optimisation des coûts et des marges opérationnelles constitue aujourd’hui la principale préoccupation des entreprises, citée par 66 % des répondants, soit une hausse de 13 points par rapport à l’année précédente.
  • La santé financière générale de l’entreprise progresse également comme source d’inquiétude, tandis que le manque de moyens financiers est identifié comme le principal frein à la mise en œuvre d’actions climatiques. Cette proportion atteint désormais 63 %, en hausse de 15 points comparativement à 2025.

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Le paradoxe est réel et mérite d’être nommé, en effet, plus les pressions financières augmentent, moins les entreprises se donnent la marge pour anticiper les risques climatiques qui aggraveront précisément ces mêmes pressions financières. C’est un cercle vicieux que beaucoup de dirigeants reconnaissent intuitivement, sans toujours avoir les leviers pour en sortir.

Au-delà des ressources financières, plusieurs PME doivent également composer avec un manque de temps, d’expertise spécialisée et de repères clairs pour prioriser les actions à mettre en œuvre. Pour plusieurs dirigeants, le défi consiste moins à reconnaître le risque qu’à savoir par où commencer.

Ils doivent constamment arbitrer entre les impératifs de survie à court terme et les investissements nécessaires à la résilience à long terme.

 

4. Les entreprises qui avancent le plus abordent le climat comme un enjeu de performance

Aujourd’hui, 55 % des répondants estiment que les actions visant à réduire leur impact climatique peuvent également avoir un effet positif sur leur efficacité opérationnelle. Les entreprises qui ont déjà amorcé des démarches concrètes rapportent d’ailleurs plusieurs bénéfices tangibles.

Certaines ont observé une réduction d’environ 20 % de leurs coûts grâce à l’utilisation de véhicules électriques. D’autres ont amélioré significativement leur efficacité opérationnelle à la suite de la centralisation de stations d’irrigation. Plusieurs mentionnent également des résultats financiers supérieurs à leurs attentes initiales.

Ces entreprises ne parlent plus d’environnement, elles parlent de performance, de maîtrise des coûts et de compétitivité.

Les initiatives climatiques deviennent alors un levier permettant de réduire le gaspillage, d’améliorer l’efficacité énergétique, de mieux contrôler les opérations et de diminuer certains coûts structurels. La gestion des risques climatiques devient ainsi un véritable outil de performance d’affaires.

 

5. Les entreprises doivent désormais gérer deux AXES distincts

Beaucoup d’entreprises confondent encore la réduction de leur impact climatique et l’adaptation aux changements climatiques. Or ce sont deux démarches complémentaires, qui répondent à des logiques différentes.

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Concrètement, une entreprise peut chercher à réduire ses émissions en améliorant son efficacité énergétique ou en optimisant son transport. À l’inverse, l’adaptation consiste à réduire sa vulnérabilité aux impacts climatiques, par exemple en diversifiant ses fournisseurs, en sécurisant son approvisionnement en eau ou en renforçant ses plans de continuité des opérations.

 

6. Les signaux externes renforcent l’urgence d’agir maintenant

Au-delà des risques opérationnels, des pressions extérieures s’accumulent et réduisent progressivement la fenêtre du « faire plus tard » :

  • Clients et partenaires : 48 % des entreprises mentionnent des exigences de clients ou fournisseurs comme élément déclencheur principalement des joueurs locaux québécois et canadiens
  • Assureurs : les exigences des assureurs commencent à apparaître comme signal déclencheur dans le sondage
  • Investisseurs et institutions financières : présence croissante dans les éléments déclencheurs, notamment pour les grandes entreprises
  • Contexte réglementaire : évolution attendue des cadres légaux qui rendra certaines démarches obligatoires
  • Compétitivité sectorielle : 47 % des répondants voient dans les actions climatiques un moyen de se positionner comme fournisseur de choix en hausse de 10 points en un an

À noter que les exigences des joueurs internationaux sont en baisse en 2026, reflet probable du contexte géopolitique actuel mais les attentes locales, elles, restent stables et solides.

 

7. Passer d’une logique environnementale à une logique de gestion des risques

Le sondage Léger 2026 montre que les transformateurs alimentaires québécois ont franchi une étape importante; celle de la sensibilisation. En un an seulement, la proportion d’entreprises qui considèrent les enjeux climatiques comme très importants est passée de 37 % à 48 %, signe que la prise de conscience continue de progresser dans le secteur.

Cette sensibilisation accrue agit comme un véritable signal d’alarme. Elle favorise l’émergence d’un mouvement collectif visant à réduire l’impact climatique des activités de transformation alimentaire et à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. De plus en plus d’entreprises reconnaissent qu’elles ont un rôle à jouer et qu’elles peuvent contribuer, à leur échelle, à l’effort collectif.

Toutefois, réduire son impact climatique ne suffit plus. Même si les efforts de réduction des GES demeurent essentiels, certaines conséquences des changements climatiques sont déjà présentes et continueront de se faire sentir au cours des prochaines années. Les entreprises doivent donc agir sur deux fronts contribuer à l’effort collectif de réduction des émissions tout en renforçant leur capacité à faire face aux perturbations climatiques déjà observées.

Le prochain défi consiste maintenant à intégrer les enjeux climatiques dans la gestion des risques de l’entreprise au même titre que les finances, les ressources humaines, la cybersécurité ou l’approvisionnement.

Les organisations les plus résilientes ne seront pas nécessairement celles qui subiront le moins de perturbations, mais celles qui auront anticipé les risques, adapté leurs pratiques et mis en place les mécanismes nécessaires pour y répondre.

 

Par où commencer concrètement?

Pour plusieurs PME, le défi n’est pas de reconnaître les risques, mais de savoir comment passer à l’action. Une première étape consiste à réaliser un diagnostic permettant d’identifier à la fois les principales sources d’émissions de GES et les vulnérabilités climatiques de l’entreprise. Il est également important de distinguer clairement les actions visant la réduction des émissions de celles visant l’adaptation aux changements climatiques.

Les entreprises ont tout intérêt à prioriser les initiatives à double bénéfice, c’est-à-dire celles qui permettent simultanément de réduire les coûts, d’améliorer la performance et de diminuer l’impact climatique. Enfin, un accompagnement structuré et adapté à la réalité des PME peut faciliter la démarche et permettre aux organisations d’avancer plus rapidement et plus efficacement.

C’est précisément dans cette optique que le Programme Performance durable d’Inno-centre accompagne les entreprises bioalimentaires dans l’identification de leurs risques, de leurs opportunités et des actions concrètes à mettre en place afin de renforcer leur résilience, leur compétitivité et leur performance à long terme.

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